Comprendre l'Article 6 du RGPD
Les 6 bases légales pour le traitement des données personnelles — définitions, conditions, exemples et bonnes pratiques pour les PME françaises.
Qu'est-ce que l'Article 6 du RGPD ?
L'Article 6 du RGPD est le fondement de toute activité de traitement des données personnelles dans l'Union européenne. Il établit la liste exhaustive des 6 bases légales qui autorisent le traitement de données personnelles.
Toute organisation — qu'elle soit publique ou privée, grande ou petite — doit impérativement identifier une base légale valide avant de commencer à traiter des données. Sans base légale, le traitement est illégal et expose à des sanctions allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4% du chiffre d'affaires mondial.
L'Article 6 joue également un rôle protecteur : en imposant une justification légale à chaque traitement, il garantit que les données ne sont pas collectées ou utilisées de manière arbitraire, renforçant ainsi la confiance du public.
Les 6 bases légales du traitement des données personnelles
Consentement
La personne a donné son accord libre, spécifique, éclairé et univoque.
Ex : Newsletter, cookies publicitaires, prospection commerciale.
Exécution d'un contrat
Le traitement est nécessaire à l'exécution d'un contrat auquel la personne est partie.
Ex : Livraison d'une commande, facturation, gestion RH.
Obligation légale
Le traitement est imposé par une loi ou réglementation applicable.
Ex : Conservation des données fiscales, déclarations sociales.
Intérêts vitaux
Le traitement est nécessaire à la sauvegarde des intérêts vitaux d'une personne.
Ex : Données médicales en cas d'accident grave ou d'urgence.
Mission d'intérêt public
Le traitement est nécessaire à l'exécution d'une mission d'intérêt public ou relevant de l'autorité publique.
Ex : Données de recensement, services publics, recherche académique.
Intérêts légitimes
Le traitement est nécessaire aux fins des intérêts légitimes du responsable ou d'un tiers, sauf si les droits fondamentaux prévalent.
Ex : Prévention de la fraude, sécurité informatique, prospection BtoB.
Le consentement RGPD : conditions et limites
Le consentement est souvent la première base légale à laquelle on pense, mais aussi la plus contraignante. Pour être valide au sens du RGPD, il doit réunir 6 conditions cumulatives :
Attention : Les cases pré-cochées, le silence, l'inaction ou les consentements groupés (opt-in général) ne sont pas des consentements valides au sens du RGPD. La CNIL sanctionne régulièrement ces pratiques.
Comment choisir la base légale adaptée ?
Le choix de la base légale doit être fait avant le début du traitement et documenté. Voici la méthode en 5 étapes :
Règle d'or : Ne pas chercher à cumuler plusieurs bases légales pour un même traitement. Choisir la base la plus naturellement adaptée à la relation avec la personne concernée.
5 erreurs fréquentes à éviter
Documentation, transparence et conformité
L'Article 6 ne se limite pas à choisir une base légale : il impose aussi la transparence et la documentation. Chaque traitement doit être consigné dans le registre des traitements (Art. 30) avec sa base légale, et la politique de confidentialité doit informer les personnes de cette base légale.
Documentation obligatoire
- Registre des traitements (Art. 30)
- Politique de confidentialité à jour
- Test de balance (intérêts légitimes)
- Preuves de consentement horodatées
Information obligatoire aux personnes
- Identité du responsable de traitement
- Finalités et base légale
- Durée de conservation
- Droits des personnes et comment les exercer
Risques et sanctions en cas de non-respect
Checklist conformité Article 6
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